Olivier Faure, député du groupe "Socialistes et Apparentés", assiste à un vote sur une motion de censure déposée par le parti "Les Ecologistes" à l'Assemblée nationale, à Paris, le 6 juillet 2026 ( AFP / JULIEN DE ROSA )
Après des mois de tergiversations, les militants du PS ont choisi de désigner leur candidat à la présidentielle par "une primaire fermée", en octobre, enterrant par la même occasion une primaire unitaire de la gauche. Les candidats sont déjà nombreux, dont l'inattendue Ségolène Royal, avant l'éventuelle entrée en lice de Raphaël Glucksmann.
Alors qu'Olivier Faure proposait d'ouvrir cette primaire à tous les sympathisants du PS pour élargir son corps électoral, les militants socialistes ont voté jeudi soir à 55,5% pour la réserver aux seuls adhérents du parti et des "organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste", comme Place publique de Raphaël Glucksmann.
Dans son option, Olivier Faure souhaitait aussi que le vainqueur participe ensuite à une primaire unitaire de la gauche hors-LFI avec les Écologistes et les anciens Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin.
Ce vote des militants PS sonne donc le glas de la primaire unitaire, que refusaient les opposants internes du premier secrétaire, comme le chef des députés Boris Vallaud. Le risque pour la gauche est une multiplication des candidatures à la présidentielle et donc un éparpillement des voix.
"Message reçu 5 sur 5": la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a pris acte, dans une communication aux instances de son parti, que les militants socialistes ont "décidé d'enterrer la primaire" unitaire de la gauche.
Pressée par plusieurs élus écologistes de réamorcer un dialogue avec les Insoumis, elle a déjà annoncé sa volonté de se présenter de manière autonome si la primaire unitaire capotait.
Selon le PS, le vainqueur de la primaire de l'espace social-démocrate "proposera le rassemblement à tous les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine afin de construire ensemble un programme commun, un accord législatif et un contrat de gouvernement".
Le résultat du vote de jeudi est logique, compte tenu des rapports de force du dernier congrès, les opposants à Olivier Faure étant majoritaires dans le parti depuis que Boris Vallaud et son courant les ont rejoints.
Désavoué après avoir déjà été mis en minorité par les députés socialistes plus tôt dans la semaine, Olivier Faure a pour autant refusé de démissionner et n'a pas exclu de se présenter à cette primaire. Il se décidera "le moment venu" a-t-il indiqué.
Combien de candidats ?
Mais les regards sont désormais tournés vers Raphaël Glucksmann, dont la stratégie était jusqu'ici d'imposer sa candidature au PS par les sondages, et qui ne s'est pas encore prononcé sur sa participation.
"Je crois qu'il n'a pas le choix et que, quand on veut le soutien des socialistes, le moins que l'on puisse faire, c'est de se plier à la règle du départage démocratique", a estimé M. Faure.
Dans un communiqué transmis vendredi à l'AFP, Place publique a salué une "main tendue" des socialistes, ouvrant ainsi la voie à une possible participation de l'eurodéputé, qui a besoin de l'appareil du PS pour la présidentielle, à cette primaire de l'espace social-démocrate.
"Nous allons engager des discussions très rapidement avec nos amis socialistes", ajoute le parti de Raphaël Glucksmann, allié des socialistes au Parlement et au Parlement européen.
Selon le PS, "un comité inter-partis" règlera les modalités de vote et de candidature de cette petite primaire.
Trois socialistes se sont déjà déclarés: les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj et, de manière plus inattendue, Ségolène Royal.
A 72 ans, l'ancienne candidate du parti à la présidentielle de 2007 a annoncé sur X être candidate "pour retrouver une France tranquille et confiante en son destin".
Boris Vallaud, qui "a envie d'aller à la bagarre", pourrait également se présenter.
Le petit courant "Avenir socialiste", le plus à gauche du PS, a annoncé également qu'il "porterait une ligne politique profondément socialiste" dans cette primaire.
La question se pose si d'autres mouvements que le PS et Place publique seront associés, comme celui de l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.
L'ancien président François Hollande refuse, lui, de se plier à une primaire, se positionnant comme un recours en fin d'année si le PS est toujours dans l'impasse.
Car à gauche, Jean-Luc Mélenchon, sur une bonne dynamique depuis son lancement de campagne, a pris une longueur d'avance sur ses concurrents.
"Jean-Luc Mélenchon a réussi son entrée en campagne", a admis Olivier Faure. "Mais ce n'est pas parce qu'on est le champion de l'été qu'on est celui de l'automne ou celui de l'hiver".

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